Les Cépages de l’Armagnac
Avant toute distillation, l’Armagnac prend naissance dans la vigne.
Les cépages utilisés pour produire l’Armagnac jouent un rôle essentiel dans l’équilibre final et la complexité des arômes. Selon leur nature, ils apportent fraîcheur, structure ou finesse.
Chaque variété exprime une sensibilité particulière, directement liée au terroir et aux conditions de l’année.
La Folle Blanche - ne représente qu'un très faible pourcentage des surfaces en armagnac - 1 à 2%, la vigne est très sensible à la maladie et sa grappe particulièrement dense favorise la dispersion des maladies. Par contre ses arômes sont d'une extrême finesse de caractère assez aérien floral et végétal. Rare et très recherché par les amateurs avertis. Cépage emblématique de l’armagnac avant la crise du Phylloxera qui le fit presque disparaitre en 1893.
Le Baco 22A - un cas unique: hybride de Noah américain et de folle blanche. ce cépage a la peau épaisse et charnu, apparu au début du siècle, est très résistants et a grandement contribué a la reconstitution du vignoble après le Phylloxera. 30% arômes de fruits mures de pruneau et d’épices c'est un cépage très terrien grandement apprécié dans le bas armagnac landais pour sa rondeur et sa suavité.
Le Colombard: très utilisé en vins blanc de pays de Gascogne, il donne pour l'armagnac beaucoup de fruit et d'agrumes de fleurs blanches et de la fraicheur .
La Vinification des vins blanc de distillation
La production de l’Armagnac repose sur un vin blanc élaboré spécifiquement pour la distillation.
Ce vin, naturellement acide et peu alcoolisé, est conçu pour conserver un maximum de composés aromatiques. Il constitue la base essentielle à partir de laquelle l’Armagnac révélera toute sa richesse.
Rien n’est recherché dans l’instant. Tout est pensé pour la transformation à venir.
La vinification s’effectue en séparant les cépages (dans la mesure du possible selon les volumes de vendanges et de capacité de chaque cuve) de manière a obtenir des vins de distillation pure cépages et d’ainsi garder leur caractéristiques originelles lors de la distillation et de l’élevage. Cette étape est cruciale pour respecter le terroir et le climat du millésime. Selon les années les rendements et la qualité des vins diffère selon les cépages, les isoler nous permet de mieux les travailler et de composer, un peu comme un chef d’orchestre, une symphonie.
Nous déposons de cuves en ciment traditionnelles, et de cuves inox permettant un refroidissement et le contrôle de température de fermentations.
Les rendements sont limités volontairement à 80hl/ha pour concentrer suffisamment de matière dans nos vins, et d’éviter un épuisement précoce des vignes.
Le vignoble étant entretenu et replanté régulièrement nous avons de 6 à 8 ha en production réparti sur nos trois cépage emblématiques. Certaine parcelles datant de 1947 - 1964 -1966 on du être arrachées et replantées dans les années 2010-2020.
La durée de vie moyenne du baco se situe vers les 30-40 ans , le colombard 25-30 et la folle blanche en dessous de 20 ans.
Les méthode de vendange et de vinification en armagnac diffèrent grandement de celle du vin traditionnel: Le rendements sont bien plus élevés compte tenu du fait qu’il faut 5 litres de vin pour faire un litre d’armagnac. La vendange est mécanique, le pressage des grappes à l’horizontal, et la vinification ne subit aucun traitement. Les cuves jouxtant les barrique d’armagnac, la végétation indigène du chai favorise les départ de fermentation des vin, ce qui rajoute de l’authenticité dans nos produits. Aucune chimie artificielle, ni même de souffre. En effet l’acidité très élevée du vin le protège naturellement jusqu'à la distillation (2-3 mois après les vendanges)
La Distillation de l’Armagnac
Schéma de distillation armagnacaise
La distillation de l’Armagnac s’effectue dans un alambic traditionnel, selon un procédé continu qui permet de préserver la richesse aromatique du vin.
Ce passage unique donne naissance à une eau-de-vie encore brute, déjà marquée par son origine.
Le rôle de l’alambic n’est pas de standardiser, mais de révéler une matière vivante, fidèle au terroir et au millésime.
Le vin arrive dans la chauffe-vin (1) par gravité où il est chauffé par la partie supérieure du col de cygne qui sert de condensateur et du serpentin. Se déversant dans la colonne il traverse des plateaux de barbotage (4) et devient de plus en plus chaud pour finir par se vaporiser lors de son arrivée au bas de la colonne. En bouillant, le vin donne de l’alcool sous forme de vapeurs qui remontent au travers les "pattes d’araignées" (6) des sept plateaux de l'alambic. L’alimentation continue en vin et la constante production de vapeurs engendrent une saturation aromatique qui, en se condensant dans le col de scygne (partie la plus haute liant la colonne au serpentin), devient totalement liquide en fin de course du serpentin. L’armagnac est alors transparent comme un diamant, et se déverse lentement dans sa barrique en chêne qui deviendra sa résidence principale pour les 12-40 années à venir avant d’être embouteillé.
Le Vieillissement de l’Armagnac
“Pièce de 420 litre en chêne pédonculé de gascogne de notre tonnelier historique BARTHOLOMO
Le vieillissement de l’Armagnac en fûts de chêne permet une transformation lente et progressive des arômes.
Au fil des années, l’eau-de-vie s’enrichit au contact du bois, s’oxyde légèrement et gagne en profondeur.
Chaque Armagnac évolue ainsi à son propre rythme, jusqu’à atteindre un équilibre unique, façonné par le temps et les conditions du chai.
L’élevage de nos armagnacs s’effectue entre 3 et 5 ans en barriques de chêne Gascon neuves, puis transvasés dans des barriques plus anciennes (celles ayant contenu nos anciens millésimes ) aux tanins épuisés pour vieillir à l’ombre de notre chai humide en terre battue pour le restant de leur vie. Seul les meilleur barriques porteront le millésime (20 ans minimum), les autres seront assemblées au bout de 10-15 ans en Hors d'âge. Ce sont ces deux maturations successives qui conféreront à nos armagnacs, leurs caractères et leurs forces, ainsi que leurs couleurs ambre caramel typique. Nous conservons donc toutes nos barriques, certaines approchent les 100 ans et transmettent ainsi les saveurs d'antan.
Nouvel emplacement (2017) pour loger nos armagnacs
Construction de deux nouvelles rangées de trois étage pour loger nos BARRIQUES en favorisant l'aération et l'espace. 73 BARRIQUES pleines ont ÉTÉ déplacées ! Cela nous permet de mieux travailler (gouter décider des millésimes des assemblages etc...)
Nous arrivons maintenant à un stock de plus de 300 barriques au Château de Briat (millésimés de 1992 à nos jours) ce qui nous laisse encore une petite centaine de places libres pour les 5 ou 6 années à venir, après quoi nous manquerons de place. Prochainement nous allons débuter un partenariat avec un négociant pour vendre une petite partie du stock chaque année et nous permettre de continuer notre production.
Du fait de l’évaporation de l'armagnac au travers des douelles de la barrique un champignon microscopique- Baudoinia compniacensis ressemblant a de la mousse, se dévelope à l'extérieur de la barrique, sur les poutres et ainsi de suite dans tout le chais.
La notion de Millésime & Brut de Fût
Chaque année donne naissance à un millésime unique, qui évolue individuellement dans son fût.
Contrairement aux assemblages standardisés, l’Armagnac millésimé conserve l’identité précise de son année d’origine.
Cette approche permet de proposer des eaux-de-vie singulières, jamais reproduites à l’identique, où chaque bouteille devient une véritable empreinte du temps.
Le millésime représente l'année de vendange et pour un même millésime, certains fûts sont assemblés et d’autres non, en sorte d’offrir de pures monocépages (baco, folle blanche, colombard), des assemblages de cépages, ou des blends de plusieurs millésimes (Hors d'Age). A Briat, ouillage et coupages à l’eau sont proscrits pour les millésimes (20 ans minimum), au profit de l’aérage naturel en atmosphère humide dans notre chai en terre battue datant de 1724. L’armagnac ne vieillissant pas en bouteille mais en fût, chacune d'elles sont numérotées et datées.
Un étiquetage précis des armagnacs brut de fût du château de Briat
